Jonathan Laperle : entre la croissance de la Ferme Saint-Ours, Maple MC² et sa passion pour la musique
À la tête de la Ferme Saint-Ours depuis janvier dernier, Jonathan Laperle ne manque pas de projets. Nouveau poulailler de 36 000 pondeuses, énergie solaire et développement de Maple MC² : nous avons retrouvé cet entrepreneur bien connu de la région pour discuter d'agriculture, d'affaires et, bien sûr, de musique.
Sorel-Tracy, le 30 octobre 2026 — Il y a de ces rencontres où la conversation reprend naturellement, comme si on l’avait laissée la veille. C’est un peu ce qui s’est produit en retrouvant Jonathan Laperle, que je connais depuis plusieurs années. Si la musique fait toujours partie de sa vie, c’est aujourd’hui à la direction générale de la Ferme Saint-Ours qu’il consacre une bonne partie de son énergie.
Depuis janvier 2026, il dirige cette importante entreprise agricole qui figure parmi les cinq plus grandes fermes productrices d’œufs au Québec. Et les projets ne manquent pas. L’entreprise, qui compte maintenant environ 60 employés, poursuit sa croissance dans un marché où la demande pour les œufs continue d’augmenter.
À proximité des écluses de Saint-Ours, un nouveau poulailler est actuellement en construction. Il accueillera 36 000 poules pondeuses élevées en volière, un système permettant aux oiseaux de circuler sur différents niveaux et de se déplacer plus librement.
Un nouveau poulailler et des investissements énergétiques
Ce projet ne se limite pas à une augmentation de la capacité de production. La Ferme Saint-Ours entend également miser sur les nouvelles technologies pour améliorer l’efficacité énergétique de ses installations.
Des panneaux solaires seront notamment installés sur les toitures des poulaillers. Selon Jonathan, ils devraient permettre de répondre à environ 65 à 70 % des besoins énergétiques visés. Un système de brumisation sera également intégré à la ventilation afin de rafraîchir les bâtiments pendant les périodes de canicule.
« On est en train de construire un nouveau poulailler de 36 000 pondeuses en volière. On va avoir des panneaux solaires sur les toits des poulaillers. Ça va fournir environ 65 à 70 % de notre demande énergétique avec l’électricité solaire », explique-t-il.
Ces investissements témoignent de la volonté de l’entreprise de poursuivre sa modernisation tout en tenant compte des défis environnementaux et des nouvelles réalités de la production agricole.
La Ferme Saint-Ours occupe déjà une place importante dans l’industrie québécoise, particulièrement dans le secteur des œufs biologiques et des œufs de spécialité. L’ensemble de ses activités de production au Québec représente approximativement 210 000 à 220 000 œufs quotidiennement.
Un marché qui continue de progresser
Au fil de notre conversation, Jonathan rappelle que le marché des œufs connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années. L’augmentation de la population et l’évolution des habitudes alimentaires contribuent notamment à cette progression.
Pour les producteurs, le défi consiste à maintenir un approvisionnement suffisant tout en composant avec les risques sanitaires, particulièrement les maladies aviaires qui peuvent affecter les élevages.
La collaboration entre les provinces canadiennes joue également un rôle important. Lorsque l’Ontario, par exemple, connaît un manque d’œufs, les producteurs québécois peuvent contribuer à combler une partie de la demande.
Jonathan demeure convaincu de l’importance de la gestion de l’offre, qui permet aux producteurs de mieux planifier leurs investissements tout en favorisant une certaine stabilité des prix pour les consommateurs.
Il souligne également les défis liés aux périodes de forte consommation, notamment à Noël et à Pâques. Contrairement à la demande, la production ne peut pas être augmentée ou diminuée instantanément. Les poules continuent de pondre, peu importe la période de l’année.
La traçabilité des produits constitue un autre élément auquel il accorde de l’importance. Le système canadien permet notamment d’identifier la provenance des œufs, une garantie qu’il juge essentielle pour les consommateurs.
Maple MC² : l’érable québécois au-delà de nos frontières
Mais Jonathan Laperle ne se limite pas à la production d’œufs. Il s’intéresse également au développement de Maple MC², une initiative qui cherche à faire rayonner les produits de l’érable québécois sur de nouveaux marchés.
Déjà présents dans différents commerces du Québec, les produits suscitent maintenant un intérêt croissant ailleurs au Canada, particulièrement dans les provinces anglophones.
L’entreprise explore actuellement la possibilité de conclure une entente avec un distributeur afin de mieux desservir cette clientèle.
« On voit une très belle demande du côté anglophone canadien. On est en discussion pour voir justement si on peut trouver un distributeur pour le côté anglophone du Canada », souligne Jonathan.
L’entrepreneur voit également un potentiel considérable à l’international. Le sirop d’érable québécois continue de gagner en popularité dans plusieurs pays, notamment en France, au Japon et en Allemagne.
Cette croissance pose toutefois certains défis aux producteurs acéricoles, dont les volumes sont encadrés par un système de contingents. Malgré l’attribution de nouveaux quotas au cours des dernières années, Jonathan estime qu’il faudra poursuivre le développement des capacités de production.
L’ajout de nouvelles entailles dans les forêts privées et publiques pourrait notamment contribuer à répondre à cette demande grandissante.
Et la musique dans tout ça?
Impossible, du moins pour moi, de terminer cette conversation avec Jonathan sans parler de musique. Ceux qui le connaissent savent qu’elle occupe une place importante dans sa vie depuis longtemps.
Malgré ses responsabilités à la Ferme Saint-Ours et ses nombreux projets, il continue de jouer de la flûte traversière avec l’Harmonie Calixa-Lavallée de Sorel-Tracy. Il répond également, lorsque son horaire le permet, aux invitations d’ensembles musicaux de Trois-Rivières et de Laval.
« Je continue avec l’Harmonie Calixa-Lavallée à Sorel-Tracy. Les orchestres de Trois-Rivières et de Laval m’appellent de temps en temps. Quand ça entre dans mon horaire, je vais jouer un petit peu là-bas. C’est le plaisir, c’est la passion aussi. »
On comprend rapidement que la musique demeure pour lui une façon de décrocher, de retrouver un certain équilibre et de conserver ce plaisir de jouer avec d’autres musiciens.
Au terme de notre entretien, une chose apparaît clairement : Jonathan Laperle a beau avoir ajouté de nouvelles responsabilités à son quotidien, il n’a rien perdu de son enthousiasme pour les projets qui l’animent.
Entre les poulaillers, les marchés de l’érable et les partitions musicales, il continue de faire avancer plusieurs passions à la fois.














